jérémie scheidler

vidéaste | dramaturge | metteur en scène
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saïgon


Écriture au plateau : Les Hommes approximatifs
Mise en scène : Caroline Guiela Nguyen


Les Hommes approximatifs


Avec : Caroline Arrouas, Dan Artus, Adeline Guillot, Jean-Claude Oudoul, Pierric Plathier…
distribution en cours…


Scénographie : Alice Duchange
Costumes : Benjamin Moreau
Création lumière : Jérémie Papin
Création sonore : Antoine Richard
Collaboratrice artistique : Claire Calvi
Dramaturgie & vidéo : Jérémie Scheidler
Dramaturgie : Manon Worms






PRODUCTION
Coproduction compagnie les Hommes Approximatifs, La Comédie de Valence - CDN Drôme-Ardèche, L'Odéon — Théâtre de l'Europe, Festival d'Avignon…


Création printemps 2017
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Finalement, le projet s’appellera SAIGON.
Nous avons hésité, nous avons cherché, nous voulions dire quelque chose.
Et puis, finalement, c’est dans Saïgon, dans le mot Saïgon, que se trouvait cela, que nous voulions dire.
Parce que Saïgon est un territoire.
Un lieu.
Que c’est ici que nos histoires pourront avoir lieu.
Parce que Saïgon est un territoire fantôme.
Un territoire qui n’existe plus.
Le nom a changé. On dit Ho-Chi-Minh-Ville.
Et pourtant, nous sommes allés à Saïgon.
Comme un voyage dans le temps, dans le creux de ce nom, qui est peut-être le nom de notre blessure.
Nous sommes allés à Saïgon, ce lieu du départ des Français d’Indochine, des Vietnamiens des boat-people.
Mais pourquoi les Saïgonais appellent-ils leur ville Saïgon ? De quoi Saïgon est-il le nom ?
Qu’avons-nous vu, à Saïgon ?

Derrière l’image qui nous en a été montré, derrière la carte postale et l’ouverture de la ville au capitalisme mondial, nous avons cherché l’image manquante, celle qui gît enfouie sous l’image visible, cette image qui est tissée des multitudes de récits, d’histoires, de destins que nous avons patiemment cherchés, que nous avons écoutés, dont nous avons parfois perdu la trace dans le delta du Mékong ou dans le nord de la Seine-et-Marne.

Les récits et les images qui suivent sont les traces de ces recherches, de cette dérive au fil des vies qui nous habitent et nous traversent, qui nous sont étrangères souvent, mais dont nous éprouvons, aujourd’hui plus que jamais, la nécessité de les raconter. Car elles sont le nom de notre histoire collective, et qu’en cela elles fabriquent nos identités contemporaines. Mais aussi parce qu’elles témoignent pour la vie, la vie qui toujours, malgré tout, trouve son chemin en dehors ou au-delà des limites qui lui sont assignées, des atteintes qui lui sont faites.

Les textes qui suivent ne portent pas le nom d’un auteur, ils sont issus de nos multiples regards, et de nos multiples voix.
Comme un carnet de voyage des Hommes approximatifs.
Mais plus qu’un carnet de voyage, l’empreinte d’une rencontre.
Ce qu’il reste de nos enquêtes et de nos errances sur la terre de Saïgon.

La matière première du spectacle à venir.

Car ces récits sont les noms, resurgis de l’Histoire et de nos destinées particulières, les noms des blessures que nous portons avec nous et qui fondent notre rapport au monde, notre possibilité de l’habiter.

jérémie scheidler
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