ÀLAPREMIÈREPERSONNE

Faire du cinéma, c’est d’abord un regard, un rapport au monde.
C’est inventer le monde depuis le lieu de sa propre solitude.
En cela, l’autobiographie est, presque essentiellement — avant toute chose, un positionnement politique.

Ce que je suis ? Lié de toutes parts à des lieux, des souffrances, des ancêtres, des amis, des amours, des événements, des langues, des souvenirs, à toutes sortes de choses qui, de toute évidence, ne sont pas moi. Tout ce qui m’attache au monde, tous les liens qui me constituent, toutes les forces qui me peuplent ne tissent pas une identité, comme on m’incite à la brandir, mais une existence, singulière, commune, vivante, et d’où émerge par endroits, par moments, cet être qui dit “je”.
Comité Invisible, L’Insurrection qui vient, La Fabrique éditeur

Il ne s’agit pas, comme le disait Jean-Luc Godard, de faire des films politiques, mais de faire politiquement des films.
C’est-à-dire des films qui interrogent, dans leur vision même, le geste et les conditions de leur fabrication.
Partir de soi, c’est réaffirmer cet être qui dit “je” — non pas comme un retour sur soi, mais comme la condition d’un regard, la condition d’une ex-périence : sortir de soi à la rencontre du réel.

/// hypermnésie.net — un ciné-journal

Des extraits du ciné-journal ont été montrés aux Laboratoires d’Aubervilliers dans le cadre d’une séance d’Illégal Cinéma proposée par Léa Bismuth — critique d’art & commissaire d’expositions — intitulée L’Expérience sensible au cinéma. (+ d’infos)

Dans la tradition du journal littéraire, consigner dans un lieu, le site internet, les événements, les dates, les sensations, les lieux qui constituent une existence singulière.
L’hypermnésie, c’est le contraire de l’amnésie.
Mais pas seulement.
Au-delà même de la mémoire, c’est tout indifféremment dans le monde qui me sollicite, sans hiérarchie, dans une simultanéité proche du délire. C’est un état d’intranquillité absolue.
Dans La Vie matérielle, Duras écrit : « Je n’ai jamais été là où j’aurais été à l’aise, j’ai toujours été à la traîne, à la recherche d’un lieu, d’un emploi du temps, je ne me suis jamais trouvée là où je voulais être ».
Ce journal, c’est le journal de cette quête, d’un temps et d’un lieu d’où l’on pourrait dire “je”.
Ce journal est le récit de cet impossible.

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/// À Propos de Léa

Ce film répond à un appel à projet lancé par le festival C.L.A.C. (Certains L’Aiment Court) de Lyon en 2010.
La contrainte étant de faire un film de 3 minutes.
Ce film est le récit d’un amour : chercher, dans la vie de tous les jours, ce qui témoigne d’un lien, d’une communauté des amants
Bien qu’il relève du documentaire, ce film a reçu le Prix d’Interprétation à C.L.A.C. 2010.